vendredi 21 septembre
RENDEZ-VOUS au REGINA & parlons mode
Rendez-vous au REGINA ...
Avant de me rendre au REGINA, j'étais surtout allée au SAUT DU LOUP, le restaurant des Arts décoratifs où j'avais rendez-vous. Sur place, beaucoup de monde s'affaire ... C'est bien simple, l'entrée du restaurant est divisée en deux !! Je me renseigne. A droite, c'est pour HERMES. A gauche, c'est pour ISSEY MIYAKE. Très bien, mais moi ce que je veux c'est le rendez-vous d' Arnaud Maillard pour son livre sur la mode & Karl Lagerfeld. La fille de l'entrée Issey Miyaké me lance un regard très peu expressif ... "Naan ça me dis rien naan". Je suis très peu patiente dans ce genre de situation, je précise. Et puisque c'est comme ça, je fonce dans le tas HERMES. Formidable, personne ne me demande rien. Du coup, j'en profite, je vais à l'étage, où là, toutes les journalistes sont invitées à regarder un film, publicitaire sans doute, le dernier KELLY CALECHE ? On me fait signe de m'assoir. Et là, figurez-vous que j'aperçois dans un coin des SACS CADEAUX HERMES destinés bien entendus au journalistes qui se sont données la peine de venir et de regarder le film, et qui ensuite se donneront aussi la peine d'en dire du bien. Avec un gros cadeau, on dit rarement du mal, telle est la triste nature humaine. Je regarde ce sac HERMES en papier avec des CADEAUX dedans ... Et c'est horrible à dire, mais j'ai comme une hésitation ... Oui, j'ai envie de m'asseoir, de regarder le film avec un sourire niais d'approbation et de partir avec mon sac CADEAUX HERMES. Je regarde la fille qui me fait signe, mais non. Je ne suis pas HERMES, je suis ARNAUD MAILLARD ! Est-ce que quelqu'un peut me renseigner avant que je fasse un scandale ?! Ce qui sera TRÈS mauvais pour l'image de KELLY CALECHE . Enfin, un charmant garçon daigne de prendre mon cas en considération: il va se renseigner. Après trois minutes de montée et de descentes d'escalier, le type revient avec ENFIN l'information qui m'intéresse. Ils sont au REGINA, en face. Sauvée. Vous me demanderez, mais pourquoi ne pas avoir tout simplement téléphoné ? Eh bien je n'ai pas de téléphone portable. Si-si, c'est fou mais c'est vrai.
... & Parlons mode
Quelques jours auparavant, j'avais reçu le livre Merci Karl ! Publié chez Calman Levy. Arnaud Maillard y raconte de quelle façon il est entré dans le monde de la couture, et à quel prix. L'homme ressemble à celui qu'il décrit dans le livre. La passion, car c'est de la sienne dont il nous parle, l'anime. Personnage charismatique, il séduit avec la détermination d'un homme possédé par la création. Il le dit lui-même. La mode vampirise car elle exige le maximum de vos possibilités. Vous ne pouvez pas vous permettre d'être seulement bon. Il faut être le meilleur. Adeptes de la vie en famille, ne choisissez jamais cette voix là. La mode isole, mais elle en vaut aussi la peine. Parfois, je me suis demandée quelle était vraiment la différence entre le monde de la couture et celui du cinéma. Deux milieux possédants des points communs. Un artisanat à grande échelle, en somme. L'un crée des robes, l'autre des films. Dans la complexité et le questionnement perpétuel. C'est parfois pesant et destructeur. Mais celui qui décide de cette vie en a conscience. Il n'est pas à plaindre. C'est ce dont Arnaud Maillard nous parle. Travaillant avec Karl Lagerfeld, un homme au talent tentaculaire, il évoque dans son livre son parcours de 15 ans à ses côtés. On admire à la fois le talent de Karl, et la confiance totale que lui inspire Arnaud. Ce dernier en avait-il conscience ? Il semble bien que parmi les admirateurs qui l'entourent, Karl, tel Louis XIV face à sa cour, se lasse des compliments pour se tourner vers la justesse et l'honnêteté d'Arnaud. Mais on ne rompt pas avec un créateur comme avec un homme normal. C'est impossible. On doit apprendre à se tuer mutuellement pour se séparer. La demi-mesure est absente, comme les compromis. La fin est le plus souvent définitive. Un jour, on a aussi envie de redevenir uniquement soi-même. C'est ce qui est arrivé à Arnaud Maillard. Mais comme le roi prend, le roi rejette. Lagerfeld et Arnaud étant aujourd'hui assez fâchés ... Je crois que j'ai trouvé à la lecture de ce livre-témoignage la différence entre l'univers de la mode et celui du cinéma. L'extrême politesse et le savoir vivre semble être de rigueur dans la mode, ce que je trouve admirable ! Alors que dans le cinéma, comment dire ? Non, ce n'est pas du tout ça ... En ont-ils seulement déjà entendu parler ?! Livre-témoignage écrit en collaboration avec Claire Germouty, Merci Karl ! est agréable et très facile à lire. On s'amuse, on rit aussi parfois. Car Arnaud Maillard nous y dépeint un Karl plein d'humour. Un homme qui a le chic pour pratiquer l'auto-dérision, ce que j'admire par dessus tout. Savoir rire de soi-même, c'est un talent très particulier. Mais notons au passage que pour savoir bien rire de soi, il est recommandé d'avoir un certain complexe de supériorité ...
Ce que j'ai retenu de cette rencontre, c'est une phrase très juste. En parlant de l'univers du luxe, et de ce qu'il représente vraiment, Arnaud Maillard s'exprime :
"Le luxe, c'est une éducation qui ne s'acquiert pas".
& On comprend aisément que le Kayser de la mode n'ai pas supporté l'éloignement de cet excellent élève. Il ne doit pas être facile à remplacer.









