dimanche 01 juillet
L'AVOCAT de la TERREUR

«Si vous voyez courir la foule dans une direction, courrez dans la direction inverse, vous avez plus de chance d’avoir raison».
C'est en citant Nietzsche -avec qui je suis absolument d'accord- que Barbet Schroeder résume au mieux la personnalité et les motivations de Jacques Vergès, a qui il consacre un documentaire de plus de deux heures, justement intitulé "L'avocat de la terreur". Contrairement a ce que j'ai pu entendre, ce n'est pas une enquête sur l'opacité d'un personnage, mais bel et bien l'historique et la naissance du terrorisme. Le film s'arrête lors de l'apparition de Klaus barbie. Dommage, j'avais très envie d'en savoir plus sur les dictateurs, despotes et autres personnages sympathiques défendus par maître Vergès... Sans parler de la célèbre affaire "Omar m'a tuer" dont il ne sera fait mention que par le biais d'une photo insérée dans le générique ... Je suis donc restée un peu sur ma faim. La vérité, c'est que ce documentaire se concentre exclusivement sur la tentative d'un homme (le réalisateur) à essayer d'en comprendre un autre (Jacques Vergès). Et surtout, exposer les pistes les plus crédibles de la disparition de Vergès ... Pour plus d'informations, c'est ICI. Le tout est quand même passionnant, disons-le ! Mais si vous avez envie de vous distraire sans vous creusez la cervelle: passez votre chemin.
Le film s'ouvre sur Jacques Vergès parlant de son ami Pol Pot ... Ca commence bien ! Et minimisant les massacres perpétués en son nom. Très fort. Diplômé du barreau après des études de lettres qui ne le séduisait pas, maître Verges deviendra, sans trop le rechercher et un peu par hasard, l'avocat d' extrémistes idéalistes à la volonté aussi puissante que leur violence. Dès lors, pour Vergès, c'est la révélation ! Il devient non seulement son propre avocat, mais son propre accusé, s'érigeant en victime éternelle et prenant comme témoin les accusés qu'il représente. Finalement, Jacques Vergès ne cesse t-il pas de se défendre lui-même, et de rattraper le fil du temps en réparant l'injustice qui lui était odieuse dans ses jeunes années: la supériotité d'un peuple sur un autre ? De mère vietnamienne et de père réunionnais, il a souffert de sa différence. Le sujet est là. Certains parlent de perversion. Moi, j'ai l'impression d'avoir vu un homme idéaliste en proie avec sa conscience, rongée par son désir fou d'humanité, forcément voué à l'échec. La bataille est vaine, perdue avant même d'avoir commencé. D'où son acharnement dans le combat.
LA MINUTE HILARANTE *****
Lors de sa disparition, Jacques Vergès, qui résidait sous un nom d'emprunt dans un hôtel dès plus modestes à paris, décide de s'acheter du pain de campagne et du pâté en vue d'un bon casse-croûte. Manque de bol, à la sortie du magasin, il aperçoit la veuve d'un de ses anciens clients. Mince ! Quelle guigne ! Son sang ne fait qu'un tour, vite, il faut sortir de ce très très mauvais pas ... Il s'approche d'elle brusquement en lui hurlant dessus: "Alors la grosse, ça boum ?!!"
Explication de J.V : Personne n'allait croire cette pauvre femme si d'aventure elle se risquait à le raconter ...
Autres rigolades
**** Un terroriste allemand repenti parlant de Carlos, son ancien copain
" Carlos ?!! Mais ... Mais c'est un malade ce type ! un psychopathe !!! "
Fin psychologue
*** Le Dessinateur Siné, en parlant de son ami Jacques Vergès: " C'est pas le genre de type à bouffer des raviolis dans une cave, non lui, le terrorisme, ce serait plus envisageable en appuyant sur un bouton, ce genre de trucs ..."
Et pour en savoir en plus encore plus sur cette scéance de rattrapage, c'est par ICI.
dimanche 25 février
Le film du mois
LE DERNIER ROI D'ECOSSE - Un film de Kevin Macdonald
Envie de se distraire un dimanche après-midi ?
Allons donc au cinéma !
Curieusement, et pour des raisons toujours inexpliquées, j'ai toujours eu un certain penchant pour les films de garçons, les films de guerre, la violence et le sang qui coule. Mais je ne me souviens pas avoir ressenti une telle terreur au cinéma. Celle qui vous met mal à l'aise. Celle qui vous glace le sang. Celle qui dépeint l'horreur (comme le disait si bien mon ami le colonel KURTZ).
IDI AMIN DADA, interpreté par le grandiose FOREST WITAKER, incarne la pourriture à lui seul, la barbarie, la cruauté et le sadisme.
Tout un programme ...
LE PITCH
Un jeune medecin écossais, désirant s'investir dans l'humanitaire, débarque en Ouganda. Son inconscience lui attire l'amitié d'IDI AMIN DADA, le nouveau despote, qui le propulse medecin officiel attaché à sa personne.
NICHOLAS GARRIGAN (le médecin, donc), un peu idiot et politiquement inculte, devient le confident du dictateur. Il ira jusqu'à lui prodiguer des conseils, et dénoncer un membre de son gouvernement. Il comprendra trop tard qu'il n'y a pas d'amitié là où ne règne que la terreur. (en passant, NICHOLAS a une aventure avec la 3ème femme super sexy d'AMIN, qui ... Tombe enceinte. Elle décide de se faire avorter, et termine attrocement mutilée et exposée au vu de tout le monde - je vous passe les détails le plan est court mais mon oeil averti a tout vu - c'est trop beurk. Et c'est là que j'ai eu envie de vomir)
L'AVIS CHIC&STYLE
Absolument terrifiant. FOREST WITAKER incarne IDI AMIN DADA. Les quelques images du véritable despote, qui nous sont montrées lors du générique de fin, sont impressionnates de ressemblance ... La terreur est là, partout, dans chaque plan du film. Ce qui est fort, c'est que le réalisateur n'a aucun parti pris. AMIN DADA n'est pas jugé bon ou mauvais. NICHOLAS GARRIGAN n'est pas présenté comme victime. Le spectateur reste libre de son opinion, et elle explose. La barbarie a l'état pur. Ajoutons que les dernières séquences du film sont à la limite du soutenable, et que j'ai vraiment eu du mal ... Très dûr. Quand le générique de fin défile, on ressent un sentiment de liberté intense, avec le départ de NICHOLAS, qui, de torturé, fini par quitter le pays dans l'avion prévu pour l'évacuation des otages d'Entebbe (encore un épisode historique fleur bleue ...)
ON PENSE A ...
AMERICAN DARLING, l'excellent livre de RUSSEL BANKS, se passant lors des émeutes révolutionnaires au Libéria dans les années 70's, sous le régime de TAYLOR.








